Lire un audiogramme

Devenez acteur de votre prise en charge auditive en sachant déchiffrer et comprendre l’audiogramme passé chez votre audioprothésiste ou votre médecin ORL.

Tout d’abord, un petit rappel préliminaire sur le son :

Le son est une vibration des molécules d’un milieu (l’air le plus souvent, mais le son se propage aussi dans l’eau, et les milieux solides comme la terre). Cette vibration, émise par une source sonore, se propage dans toutes les directions autour de la source. Les molécules vibrent autour de leur position d’origine, comme un bouchon de canne à pêche se déplace verticalement dans le haut et dans le creux d’une vague qui passe sur l’eau. Cette vibration constitue une onde acoustique, qui se caractérise par sa fréquence, son amplitude et sa durée.

La fréquence correspond au nombre de vibrations par seconde, elle se mesure en Hertz (Hz). Des sons graves possèdent de faibles valeurs de fréquence, tandis que des sons aigus ont une fréquence élevée.

L’oreille humaine perçoit les fréquences entre 20Hz et 20 000 Hz. En-dessous de 20 Hz, on parle d’infrasons (les baleines perçoivent les infrasons de 1 à 2 Hz). Au-dessus de 20 000 Hz, on parle d’ultrasons. Les chauves-souris émettent et perçoivent des ultrasons de 100 000 Hz.

Lors des conversations, la voix humaine émet des sons de fréquence comprise entre 250 Hz et 8000 Hz. Les voyelles ont des fréquences comprises entre 250 et 2000 Hz, plutôt vers les sons graves ; les consonnes voisées, c’est-à-dire pour lesquelles les cordes vocales vibrent (b, m, n, v) entre 250 et 4000 Hz ; les consonnes non voisées (k, p, t, f, s), entre 2000 et 8000 Hz, se placent dans les sons les plus aigus.

L’audiogramme mesure la perception des sons dans la fourchette de fréquences utilisées pour la parole humaine (125 à 8000 Hz).

L’intensité est la quantité d’énergie en un point lors du passage de l’onde acoustique. La sensation auditive dépend de l’intensité (son faible, son fort), elle est mesurée en décibels (dB).

Une conversation à voie basse correspond à une intensité de 30 dB, une conversation à voix normale, à une intensité de 65 dB, un cri ou une voix forte à 80 dB. Un bruit commence à être nocif pour l’audition (risque de perte auditive en cas d’exposition répétée) à partir de 85 dB. Lorsque le niveau atteint 110 dB, l’altération de l’audition peut survenir en quelques minutes. La loi limite le niveau sonore à 105 dB lors des concerts ou en discothèque, mais ce niveau est rarement respecté.

L’audiogramme est une représentation de la perte auditive par rapport à une audition normale dans la zone des fréquences utilisées dans les conversations humaines

L’audiogramme tonal va consister à faire entendre des sons à chaque oreille à différentes fréquences. Pour une fréquence donnée, le médecin ou l’audioprothésiste augmente progressivement l’intensité du son, jusqu’à ce que le son soit perçu, et indique sur l’audiogramme l’intensité minimale de perception d’un son d’une fréquence donnée.

Pour une personne jeune (enfant, jeune adolescent), avec une très bonne audition, l’oreille perçoit les fréquences comprises entre 125 et 8000 Hz à partir d’une intensité comprise entre 0 et 20 dB.

Ci-dessous, un exemple de représentation d’une courbe de perception correspondant à une audition normale (en bleu) et d’une courbe de perception correspondant à une perte d’audition (en rouge).

A la verticale, l’intensité mesurée en décibels (Db) et à l’horizontal, la fréquence mesuré en Hetrz (Hz), du plus grave au plus aigu en allant vers la droite !

Concernant l’audition normale, on voit que tous les sons ne sont pas perçus à partir de la même intensité. Les sons de fréquences 4000 Hz sont ceux qui sont les mieux perçus, à partir de 0 dB, tandis que les sons graves (125 Hz) et très aigus (8000 Hz), ne sont perçus qu’à partir de 20 dB d’intensité.

On voit que la personne, avec une perte d’audition (en rouge) va commencer à percevoir chaque fréquence à une intensité plus forte que la personne normoentendante, et d’autant plus forte que la perte d’audition est importante à cette fréquence.

La représentation des résultats d’un audiogramme que vous allez passer chez un médecin ou un audioprothésiste est différente de celle ci-dessus. En effet, elle a pour but de montrer la perte auditive par rapport à une audition normale et obéit à une double convention :

  • on représente le seuil normal d’audition, pour chacune des fréquences, comme étant à zéro

  • on représente la perte auditive, pour chaque fréquence, à partir du seuil normal d’audition.

Il en résulte une courbe d’aspect inversé par rapport à la représentation ci-dessus.

Ci-dessous, les mêmes auditions que ci-dessus, représentées selon la convention de l’audiogramme.

Vous l’avez compris, l’audiogramme permet de se situer sur l’échelle de la malentendance !

Par convention, pour caractériser un degré de « mal audition », on fait la moyenne des pertes auditives aux fréquences suivantes : 500, 1000, 2000 et 4000 Hz.

Une surdité modérée ou légère correspond à une perte moyenne comprise entre 20 et 40 dB

Une surdité moyenne correspond à une perte moyenne comprise entre 40 et 70 dB

Une surdité sévère correspond à une perte moyenne comprise entre 70 et 90 dB

Une surdité profonde correspond à une perte moyenne au-delà de 90 dB


Dans l’exemple de perte d’audition au paragraphe précédent (courbe rouge), le degré de surdité est le suivant :
perte à 500 Hz : – 35 dB
perte à 1000 Hz : – 51 dB
perte à 2000 Hz : – 59 dB
perte à 4000 Hz : – 63 dB
perte moyenne : (35+51+59+63)/4 = 52 dB → surdité moyenne (entre 40 et 70 dB)

Lire également notre article « Mal entendre, quèsaco ?

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