Qui sont les  sourds ? Qui sont les malentendants ?

dessin de Dominique Dufournet

Les personnes qui ne connaissent pas la surdité confondent souvent les termes de « sourd » et de « malentendant ». Parfois, par peur de blesser ou en raison d’un prétendu « politiquement correct », elles utilisent l’expression malentendant à la place de sourd.

Les personnes qui connaissent assez bien la surdité savent que ce sont deux réalités bien distinctes ; qu’une personne sourde est très différente d’une personne malentendante.

Les sourds de naissance ont un sentiment d’appartenance à une communauté culturelle : ils partagent une langue (LSF), une histoire, des habitudes ou une vision du monde.

Les personnes malentendantes ou « devenues sourdes » maîtrisent l’écrit comme les entendants et cherchent à avoir un réel degré d’intégration au monde des entendants. La prothèse auditive en est le symbole.

Les personnes « devenues sourdes » se sont construites à partir du langage oral, elles appartiennent culturellement au monde des entendants. « Entendre fait partie de ces choses essentielles qui pour un être humain sont à la fois un plaisir et un devoir ». Leur déficit d’audition les exclut, subitement ou progressivement, du monde dans lequel elles se sont construites. Elles ont des difficultés pour entendre mais également pour se faire entendre ! D’où l’importance des solutions d’appareillage : prothèse, implant cochléaire, apprentissage ou amélioration de la lecture labiale……….

Pour les jeunes malentendants, le critère à privilégier pour envisager leur vie et favoriser une meilleure inclusion dans le monde des entendants, est le niveau d’oralisation. D’où un appareillage précoce également à choisir afin de mettre en œuvre leur intégration scolaire et sociale.

La construction identitaire : « Une grande proportion d’enfants malentendants sont décrits comme timides ou taiseux, d’autres se présentent comme de grands distraits, d’autres au contraire sont vécus comme trop bavards, imposant leur parole sans laisser de place à l’autre, sans laisser de place au dialogue. N’est-ce pas là un des traits résultant d’une façon de faire avec, d’une façon de gérer leur malentendance ? »

dessin de Dominique Dufournet

La question de la construction identitaire du malentendant semble plus problématique que la construction identitaire du sujet Sourd : souvent considéré comme celui qui n’a pas perçu, décalé par rapport aux autres et aux événements, il n’a pas l’opportunité de pouvoir s’identifier au monde des Sourds et à leur culture. On pourrait dire par exemple que les personnes malentendantes sont aussi différentes entre elles que peuvent l’être les sportifs.

Mais la construction identitaire n’est jamais aisée et cette identification pour les sourds profonds, peut également être simplificatrice : ils peuvent être réduits à une seule caractéristique, à un seul groupe d’appartenance : celui des Sourds.

Les malentendants ne vivent pas toujours bien la confrontation avec le monde des Sourds. Certains ont témoigné d’un sentiment d’exclusion de cette communauté. La rencontre avec d’autres malentendants peut dès lors être vécue de manière extrêmement positive.

 

Extrait de la brochure « Ni sourds, ni entendants, qui sont les malentendants »  de l’APEDAF (Association Parents d’Enfants Déficients Auditifs Francophones).