2010-SO Janvier

JANVIER 2010

                                                                                                                

 Nous vous renouvelons tous nos voeux les plus sincères pour cette nouvelle année.

Comme Jean d’Ormesson, citons Woody Allen :

« L’avenir  m’intéresse, car c’est là que j’ai l’intention de passer mes prochaines années »

 

 

IMPORTANT

 

                   Vous avez peut-être remarqué la petite modification de notre sigle en haut à gauche de cette page. En voici la raison :

L’an dernier, nous avons pensé que pour mieux faire connaître notre association il était opportun de créer son site Internet. Or, L’ALDS figure déjà sur la toile : c’est l’Association Locale de Développement Sanitaire de la commune de Meulan (78). Il est donc devenu nécessaire de modifier légèrement les statuts de notre association pour la nommer dorénavant ALDSM. Ceci nous donne l’occasion de faire apparaître dans le sigle le mot « malentendants » qui a toujours figuré dans notre nom.

                   Quant à notre site, vous le trouverez à l’adresse : aldsm.org. Il a vu le jour grâce à notre adhérent Maxime Rinna que nous remercions. Ce site est encore jeune, en construction, merci de votre indulgence.

 

            À vos plumes !

          Pour approvisionner ce tout nouveau site Internet, nous avons besoin d’articles, témoignages… N’hésitez pas à nous aider et à partager avec nous vos découvertes, coups de coeur, expériences et rédiger vos textes directement sur le site web pour ceux qui ont un e-mail, par le formulaire d’identification dédié à la saisie d’articles et liens web.

 

Pour les personnes qui n’ont pas d’e-mail, merci d’envoyer vos courriers à

                                      Simone Duroux, 9 impasse Jean Jaurès, 69008 Lyon

                                      ou

                                      Françoise Hostein, 105 rue Duguesclin, 69006 Lyon

                   ou

                   Nicole Leitienne, 21 B avenue du point du jour, 69005 Lyon



TEMOIGNAGE

Bien que ce témoignage soit un peu ancien, il pourra encore réconforter chacun d’entre nous, par le fait qu’il exprime ce que nous ressentons tous si souvent….

 

« Vous vivez comme une personne normale » dit-on souvent à Brigitte Dumas, épouse et mère de cinq enfants. Apparemment oui… Pourtant, une surdité qui s’installe peu à peu pour devenir totale ne laisse pas indemne.

 

« Je donne naissance à cinq garçons sans que ma surdité, légère, ne nous gêne. Inconsciemment, mon époux répète normalement et volontiers ce que je ne comprends pas. Mais petit à petit, je suis gênée par mon environnement et m’isole de plus en plus. Je suis angoissée de ne pas entendre les appels de mes enfants et réponds de moins en moins à leurs questions. L’appareillage devient indispensable mais, jusque là, les priorités sont ailleurs, le coût inabordable…

Un audiogramme approfondi révèle une surdité évolutive. L’O.R.L. m’annonce d’emblée : « A 60 ans, vous n’entendrez plus rien ». En sortant de la consultation, sur le trottoir, je fonds en larmes.

Brusquement, je suis comme projetée dans un couloir infernal où toutes les portes se ferment progressivement : les voies de mes enfants, les réunions amicales, le théâtre, le cinéma, la musique, la radio, le téléphone, le chant des oiseaux, la neige crissant sous mes pas, l’eau qui coule… C’est la mort à petit feu. Je me sens complètement dépossédée, révoltée, réduite malgré moi à l’état de potiche, et une potiche qui pleure.

Avec l’aide de ma famille, je suis enfin appareillée, mais je le supporte mal. Mon époux attentionné et bavard ne se décourage pas de répéter. Parfois dans les salles d’attente, je laisse passer mon tour jusqu’à ce que je me présente à un bureau où je me fais reprocher de n’avoir pas répondu à l’appel de mon nom… !

Lors des fêtes familiales, quand dix ou vingt personnes, parlent ou rient ensemble, je me retrouve très vite isolée dans un vacarme infernal. Alors, je deviens la potiche résonnante qui assiste à la joie familiale sans pouvoir y participer, et je me réfugie dans le calme relatif de la cuisine. Ces fêtes sont pour moi des épreuves.

Sur le plan professionnel, j’assure le secrétariat et la comptabilité de l’entreprise de mon époux, mais je tiens le téléphone avec de plus en plus de difficultés. Le stress ne me quitte pas.

Un jour, une amie m’offre le livre de Marie-Noëlle Moreau, « Tu ne connais pas ton bonheur ». Ce livre me fait prendre conscience des possibilités qui me restent. Je fais peu à peu le deuil de ce que j’ai perdu, et affiche plus facilement mon handicap. Cependant cela me demande un gros effort d’humilité, surtout lorsque je suis à l’origine de jeux de mots involontaires qui déclenchent le rire, voire le fou-rire. Avec mes petits-enfants, une certaine connivence s’établit, mais le dialogue reste difficile avec certains. Parfois je suis obligée de passer par un proche de bonne volonté. L’intimité s’en trouve écorchée… et me rend triste.

Je participe à la vie de la paroisse, même si parfois j’ai le sentiment d’être une potiche. Lorsque le prêtre nous demande de faire partie du conseil paroissial, nous acceptons mon mari et moi. Je pense que si cette proposition m’est faite, c’est qu’on attend quelque chose de moi malgré mon handicap. La plupart de nos amis sont devenus plus attentifs depuis que je n’hésite pas à dire que je suis malentendante.

Par hasard, un 15 août, je découvre un article sur la Fraternité Catholique des Sourds. Je prends contact et y découvre la boucle magnétique qui me permet de suivre la messe. Petit à petit, je découvre que le couloir infernal dans lequel je suis entrée de force, a laissé quelques portes entrouvertes : le Minitel et Internet pour dialoguer avec mes enfants et petits-enfants, le sous-titrage de films, etc. Enfin, je me tourne résolument vers l’avenir, et devient présidente de la FCS. Je suis si heureuse de servir ainsi.

 

Extrait d’une interview de Brigitte Dumas, présidente de la Fraternité Catholique  des Sourds (FCS)                       

 



 A PROPOS DES APPAREILS AUDITIFS

              Certains d’entre vous nous demandent régulièrement des informations sur les appareils auditifs. Sachez que nous prévoyons l’intervention d’un audioprothésiste dans le courant de cette année : nous aurons alors des informations complètes sur cette technologie en perpétuelle évolution.

               Voici un résumé des paroles d’un utilisateur, relevées dans la revue « Que choisir » qui a consacré un article sur audioprothèses, en octobre 2009 :

 


Jacques P., 55 ans, atteint de surdité moyenne, souhaitait remplacer ses prothèses auditives, achetées en 2002, qui ne lui avaient jamais donné satisfaction en milieu bruyant. À la suite de cette mauvaise expérience, il a pris le temps de la réflexion et à consulter une dizaine d’enseignes avant de se décider. Première surprise : les audioprothésistes n’offrent généralement le choix qu’entre une ou deux marques (celles qui leur consentent les plus grosses marges?) Il lui a fallu souvent insister pour avoir un devis (certains audioprothésistes se contentent d’inscrire un prix sur une carte de visite !) et quand il a fini par l’obtenir, celui-ci était rarement conforme à la réglementation : seulement deux enseignes sur dix, en région parisienne, lui ont remis un devis distinguant le prix de l’appareil de celui des prestations associées. Autre sujet d’étonnement : sur le même modèle, les prix varient énormément : ainsi une paire de prothèses à contour ouvert lui a été proposée à 4200 €, 3500 €, 3640 € et… finalement à 2460 € ! Mais c’est davantage pour la qualité de l’accueil et la compétence de l’audioprothésiste que Jacques s’est finalement décidé pour la dernière enseigne. Avec l’extension de garantie de trois ans (240 €) et la télécommande Bluetooth (260 €), Jacques a tout de même payé 3140 €. Après six mois d’utilisation et cinq séances de réglages, Jacques semble très satisfait : « les différents programmes me permettent de m’adapter aux diverses d’ambiance de la vie (restaurant feutré, cantine, bureau, voiture, transports, cinéma, boîtes de nuit, maison etc… j’ai vraiment redécouvert le son de mon piano que j’avais laissé de côté auparavant. Mais encore une fois cela ne remplace pas une oreille et si on masque trop les bruits impulsionnels, on ne perçoit plus les sons aigus de la parole »


 


Nous n’oublierons pas qu’il est indéniable que le rôle de l’audioprothésiste dans la réussite de l’appareillage est déterminant, la compétence et le dévouement de certains d’entre eux est remarquable.

 

 

WEEK-END de LECTURE LABIALE

 

Cette année encore, la maison Saint-Joseph nous accueillera pour notre entraînement annuel de lecture labiale

les samedi 20 et dimanche 21 mars.

            Rappel : maison Saint Joseph, 38 allée Jean Paul II, à Sainte-Foy-lès-Lyon

(prendre le bus 30, Bellecour-Francheville, descendre à « La  Plaine » puis 10 min de marche).

Les prix restent inchangés :          repas de midi :               13 € par personne et par repas

                                                       location des salles :       5 € 50 par personne et par jour

                                                      participation aux frais :   15 € par personne pour les 2 jours

                                                       (orthophonistes)

 

Certains pourront éventuellement avoir une nuitée sur place : la chambre individuelle est à 55 €, le dîner à 13 € et le petit-déjeuner à 3 €.

           Vous trouverez un bulletin d’inscription dans la prochaine « Sourde Oreille »

 

HISTOIRE

          La Bibliothèque Municipale propose « Les Heures de la Découverte »

          Pour faire découvrir ses trésors, la bibliothèque de la Part-Dieu propose des ateliers d’une heure et demie, en petits groupes (15 personnes), gratuits, ouverts à tous, sur inscription préalable 4 semaines avant la séance et, cette année, certaines de ces séances sont « interprétées en Langue des Signes Française pour les personnes sourdes et malentendantes ». 

Vous en saurez plus sur le site :

http://www.bm-lyon.fr/decouvrir/heure_decouverte/index.php?lsf=ok

 

Vous pouvez aussi écrire à :        Bibliothèque de la Part-Dieu

                                                           30 boulevard Vivier Merle, 69431 Lyon

                                                           Tel : 04 78 62 18 00

Un musicien célèbre : Ludwig Von Beethoven (1770-1827)

              Six ans après avoir commencé à devenir sourd, alors qu’il avait abandonné tout espoir de guérison, Beethoven a écrit une lettre, adressée à ses deux frères mais d’une certaine façon à tous ceux qui le connaissait, et qui était manifestement destinée à être lue après sa mort, dans laquelle il expliquait la « cause secrète » de son comportement et de son tempérament déconcertants. On la connaît sous le nom de Testament de Heiligenstadt, parce qu’il l’a écrite dans le petit village de ce nom près de Vienne où, sur les conseils de son médecin, il s’était retiré pendant six mois pour se reposer et être seul. Elle débute comme ceci :

Oh, vous, hommes qui pensez et dites que je suis malveillant, têtu ou misanthrope, comme vous me jugez mal. Vous ne connaissez pas la cause secrète qui fait que je vous donne cette impression. C’était impossible pour moi de dire aux gens : « Parlez plus fort, criez, parce que je suis sourd. » Ah, comment pouvais-je avouer une infirmité qui affecte ce sens particulierqui devrait être chez moi plus parfait que chez les autres, un sens que je possédais autrefois à un degré de perfection dont jouissent peu de gens de ma profession… Oh, je ne peux pas, alors pardonnez-moi quand vous me voyez me replier dans ma coquille alors que j’aimerais tant me mêler à vous. Mon infortune m’est d’autant plus douloureuse que je suis condamné à ne pas être compris ; pour moi, il n’y a aucun moyen de me détendre avec les gens que je connais, de tenir des conversations raffinées, d’échanger avec eux des idées. Il me faut vivre seul comme quelqu’un qui a été banni.

C’est un document très poignant, un flot d’émotions refoulées, un cri du coeur. Parfois, dit-il, il serait prêt à s’abandonner au désir d’avoir de la compagnie.

Mais quelle humiliation c’était pour moi quand quelqu’un à mes côtés entendait une flûte au loin et que moi n’entendais rien, ou que quelqu’un entendait un berger chanter et que, moi, de nouveau jen’entendais rien. Ces incidents ont failli me pousser au désespoir, un peu plus et je mettais fin à mes jours – c’est uniquement mon art qui m’a retenu. Ah, il me semblait impossible de quitter ce monde, avant d’avoir exprimé tout ce que je ressentais.

David LODGE ( La vie en sourdine-2009)

 

 

PROCHAINES REUNIONS :

Samedi 16 janvier : nous commencerons la réunion par un loto, animé par Anne-Marie, puis nous tirerons les rois

Samedi 20 février : présentation d’un logiciel d’entraînement à la lecture labiale puis jeux

 Samedi 20 mars : pas de réunion au local, stage d’entrainement de lecture labiale à la maison Saint-Joseph, pour ceux qui se seront inscrits

Permanences : 1er février, 1er mars, et attention :

                   La permanence d’avril est reportée au lundi 12 avril, à cause du lundi de Pâques

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