2014-SO Fevrier

 

 

 

LA SOURDE OREILLE

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février 2014

N° 371

« Le passé est un souvenir

Le futur est un mystère

Aujourd’hui est un cadeau, c’est pour cela que nous l’appelons présent »

Auteur inconnu

 

ASSEMBLEE GENERALE

 

Tous nos adhérents sont conviés à participer à notre prochaine assemblée générale ordinaire qui se tiendra :

Samedi 15 février 2014, à 14h30

au local : 13 rue Antoine Lumière (8ème)

 

Venez nombreux échanger vos idées, exprimer vos souhaits…

 

Le rapport moral et d’activité ne sera pas relu intégralement pendant la réunion, merci de le lire avant (pages 2 et 3), pour d’éventuelles remarques ou questions.

 

Ordre du jour : – approbation du rapport moral et d’activité, du rapport financier

– propositions pour 2014

– approbation et vote du budget prévisionnel 2014

– informations, cotisations, abonnements, questions diverses…

Il n’y a pas, cette année, de renouvellement du conseil d’administration.

 

 

 

 


Sommaire :

p.1 : – invitation assemblée générale

p.2 : – mot d’humeur

– rapport d’activité 2013

p.4 : – don aides auditives, musique, agenda

P. 5 et 6 : témoignage (suite et fin)

Ces micros qui nous gênent…

Vendredi 17 janvier au soir, lors du spectacle télévisé en souvenir d’Edith Piaf, j’ai eu une pensée émue pour les devenus sourds, comme moi-même, qui ont eu le bonheur de l’entendre, à l’époque de ses grands succès. Edith Piaf vivait ses belles chansons, autant par la voix que dans ses mouvements. Tous les jeunes interprètes qui ont chanté un grand nombre d’airs très connus tenaient le micro devant leur bouche. Pour nous sourds, c’est méprisant… et même les entendants s’en plaignent. Pourquoi ne pas utiliser partout un micro-cravate ?

Simone Duroux


Rapport moral et d’activité 2013

La relecture de nos statuts rappelle nos objectifs :

– établir des liens d’amitié entre devenus sourds et malentendants, les aider à rompre leur isolement, et les informer des moyens de compensation de leur handicap

– informer l’opinion publique sur les besoins des devenus sourds et malentendants

– promouvoir et soutenir toute action capable de favoriser la réadaptation des devenus sourds : organisation de cours de lecture labiale, loisirs culturels…

– les représenter et défendre leurs intérêts auprès des autres associations et des pouvoirs publics

– aider à assurer la protection de l’emploi chez les devenus sourds et malentendants

 

Communication : Nous publions notre bulletin mensuel « La Sourde Oreille » et nous l’adressons à environ cent cinquante adhérents, associations et professionnels partenaires. Il est un lien toujours apprécié. Merci à tous ceux qui participent à sa rédaction.

L’activité de notre boîte mail s’est beaucoup développée cette année et nous permet de faire passer de plus en plus d’informations à un nombre de plus en plus grand d’adhérents et de partenaires.

Notre site internet, tenu à jour par plusieurs jeunes volontaires, établit facilement le contact avec notre association.

 

Activités adhérents :

En janvier 2013, nous nous sommes retrouvés au local autour des différents jeux de société avant la traditionnelle brioche des rois.

Le 16 février, l’Assemblée Générale réunit au local de nombreux adhérents.

 

Les 16 et 17 mars, notre habituel stage de deux jours à la Maison Saint-Joseph pour perfectionner la lecture labiale si importante pour nous, a réuni trente personnes, autour de trois orthophonistes compétentes et attentionnées, Sophie Chambost, Céline Brugniau et Priscille Monnot. Nous avons, alors, accueilli douze personnes non-adhérentes à notre association pour qui ce fut une réelle découverte.

En avril, puis en décembre, nos adhérents ont pu apprécier la projection d’un film français, sous-titré pour sourds et malentendants.

En avril également, un petit groupe d’adhérents volontaires a pu démarrer une formation à l’informatique.

En mai, certains s’intéressèrent à la visite guidée du Musée Africain

Pour notre sortie de fin d’année en juin, cinq étudiants de l’école supérieure de tourisme nous avaient préparé un voyage en train jusqu’à Genève où nous avons retrouvé un groupe d’adhérents de l’ARDDS38 de Grenoble. Ensemble, nous avons visité le vieux Genève, déjeuné au restaurant, puis flâné au bord du lac.

En septembre et octobre, la convivialité prima lors du forum des associations de l’arrondissement, de discussions avec l’accueil de nouvelles personnes à la recherche de soutien et d’une séance de jeux collectifs.

En novembre, conférence au local par une conseillère patrimoniale.

En décembre, notre réunion fut avancée à 12h pour un très agréable repas, suivi de la projection du film « Intouchables ». Nous le faisions façon pique nique ; cette fois, nous avons commandé un vrai repas et des bûches de Noël et l’avons partagé au local car, entre nous, les contacts sont mieux appréciés que dans un restaurant, il est plus facile de se déplacer ou se parler sans bruit ambiant.

 

Relations extérieures : Nous avons participé à la journée de l’audition, le 12 mars à la porte de notre local, sur le thème « les séniors et l’audition »…

Nos interventions, en février à l’ESSSE (Ecole Santé Social Sud Est), en mars au Conseil Régional pour présenter, avec les associations de sourds, le site Internet du Centre d’Information sur la Surdité Rhône-Alpes, en mai à l’école Antonin Perrin, auprès d’enfants de CE2 et en septembre à la biennale des associations de Villeurbanne ont toutes été très remarquées.

Nous participons régulièrement aux commissions d’accessibilité de la ville de Lyon, du Grand-Lyon, de Villeurbanne et du Conseil Régional, pour faire connaître les besoins des malentendants et aider aux aménagements Nos interlocuteurs sont généralement attentifs, et souvent étonnés de nos besoins.

Nous recevons bien volontiers les étudiants qui font appel à notre association pour compléter leur formation, mais ne pouvons les prendre en stage comme ils le souhaiteraient parfois.

Notre association est affiliée au SSSMR (Service Social des Sourds et Malentendants du Rhône) qui gère le CIS Rhône-Alpes (Centre d’Information sur la Surdité), au Bucodes-SurdiFrance, au CARPA (Collectif des Associations du Rhône pour l’Accessibilité), à Forom-Ecoute (Suisse), à l’IDDA. Elle suit les avancées des prises de conscience, nationales voire internationales, sur nos besoins en tant que malentendants. Nous remercions toutes les personnes qui nous aident, les orthophonistes, les audioprothésistes, et tous ceux qui nous écoutent et nous informent.

Cette année encore, plusieurs d’entre nous ont participé à la formation des personnels de Kéolis (transports publics lyonnais), organisée par le CARPA.

 

Nos effectifs progressent, huit nouveaux adhérents nous ont rejoints en 2013. Nous accentuerons encore nos efforts pour faire connaître notre association.

 

Nous avons bénéficié cette année d’une subvention de la ville de Lyon, de celle de Villeurbanne et de la société AG2R. Celles-ci nous ont permis d’assurer une partie de nos activités culturelles, l’organisation d’un stage d’initiation à l’informatique et celle de notre week-end de lecture labiale. Nous les remercions tous vivement.

 

Comme chaque année, nous poursuivrons nos activités :

permanences le 1er lundi de chaque mois (14h-16h)

– réunions le 3ème samedi de chaque mois à 14h30

Simone Duroux, Nicole Leitienne

Aides auditives de solidarité

 

Si vous avez des appareils auditifs qui encombrent vos tiroirs, vous pouvez en faire don à l’association « Un Moment de détente ». En partenariat avec l’association Alerte et P. Désormeaux audioprothésiste, elle redistribuera les appareils collectés, uniquement des contours d’oreilles, à des personnes qui n’ont pas les moyens d’acquérir des appareils neufs. Ces personnes, qui devront avoir une ordonnance d’un ORL, se rendront ensuite chez l’audioprothésiste qui adaptera l’appareil à la perte d’audition.

Pour les dons : Un Moment de détente, 41 rue Maryse Bastié, 69008 Lyon, tel 07 71 08 45 83, courriel : unmomentdedetente69@gmail.com,

ou bien vous nous les confiez, nous les porterons.

 

Musiciens, attention !

 

L’instrument le plus précieux que possède un musicien est sa capacité auditive. Néanmoins, cet instrument peut être endommagé suite à une exposition de plusieurs années à la musique. Des tests auditifsont évalué la progression de la perte auditive d’un orchestre sur une période de 20 ans. Ils ont montré qu’une perte d’acuité auditive progressive est présente dans tous les groupes d’âges des musiciens, dont 16% des enfants de 8 à 12 ans.

L’auteur de l’étude rappelle que cette perte peut être évitée ou ralentie grâce à certains gestes : réduire la durée des répétitions, faire des pauses, ne pas répéter les jours de concerts… et éviter les loisirs trop bruyants tels que boîte de nuit, armes à feu, sport mécanique…

 

d’après un article d’Agir pour l’Audition, mai 2013

 

 

Nos prochaines réunions

 

Pour notre réunion de mars, nous attendons une réponse pour la visite du Palais de Justice, « les 24 Colonnes ». En cas d’impossibilité, nous nous tournerons vers une autre visite. En l’absence d’autre information, rendez-vous au local le samedi 15 mars à 14h30.

 

N’oubliez pas votre inscription au stage de lecture labiale au plus tard le 14 février.

 

 

PROCHAINES REUNIONS :les samedis suivants

15 février : à 14h30, assemblée générale de notre association

mars : lire ci-dessus

26 et 27 avril : stage de lecture labiale

Prochaines permanences des lundis 14h à 16h : 3 mars, 7 avril, 5 mai, 2 juin.


 

 

Témoignage : « Sourde, mais pas que… » (suite et fin)

 

Lors d’un diner avec des collègues, ces derniers se sont moqués méchamment d’un des nôtres qui était dur d’oreille; oserai-je l’avouer, ce soir-là, j’ai fui, pris mes jambes à mon cou au premier prétexte. Et je me suis retrouvée chez moi avec la mauvaise-conscience d’avoir lâchement trahi un compagnon d’infortune, avouant par là même, par rapport à ma propre personne, une fâcheuse ambivalence.

J’ai depuis appris à mieux me respecter : je ne me cache plus. Cela ne résout pas non plus tous les problèmes; ne pouvant faire trop répéter, je fais encore parfois semblant d’entendre. Et se pose toujours l’épuisante question de savoir si les gens ont compris et, dans le cas contraire, à qui il convient de le dire, à quel moment, et en quels termes.

 

A quoi ressemble au quotidien la vie d’une personne qui entend vraiment mal? Grâce aux avancées de la technique comme de la législation, la vie culturelle des malentendants s’est beaucoup améliorée depuis quelques années.Nous avons accès à Internet, nous pouvons aller au cinémaoù de nombreux films sont en VOST. Il y a même depuis peu des films en version française sous-titrée. On nous offre dans bien des théâtres des boucles magnétiques, plus ou moins efficaces, c’est vrai. La télévision est devenue un petit paradis, même si elle oblige à une curieuse gymnastique intellectuelle quand les sous-titres sont en retard sur les paroles qu’on entend un peu. Ils contiennent aussi parfois des erreurs grossières mais les relever peut se révéler amusant. La carte d’invalidité (n’hésitez pas à la demander à partir de 80% de perte) est un merveilleux sésame : elle permet de visiter tous les musées et expositions pour un prix très modique et joue le rôle d’un coupe-file ; plus besoin de réserver, on entre avant tout le monde avec (enfin!) un sentiment de puissance. Une juste revanche dont on aurait tort de se priver!

La vie professionnelle a été pour moi une autre paire de manches. Devenue malentendante assez tard, j’ai pu faire des études. J’ai eu la chance de réussir une agrégation. Passé l’épreuve de l’oral, j’ai dû affronter celle encore plus redoutable de la visite médicale. Certaine d’être refusée si mon type de surdité était identifié, j’y suis allée sans mes appareils. Et me suis retrouvée illico convoquée chez un psychiatre! A ce dernier, munie de mes précieuses oreillettes, j’ai avoué la vérité. C’était un homme de bon sens, il a jugé qu’on ne lui demandait qu’une seule chose : certifier la normalité de mon état psychique, ce qu’il s’est empressé de faire. Je suis donc entrée dans l’ Education Nationale. J’aurais pu y demander un poste dans l’administration ou l’enseignement à distance, mais j’avais, depuis toujours, envie de faire la classe ; ce qu’on appelle une vocation. Et pendant quelque trente-cinq ans, je l’ai faite, je ne sais trop comment, un effet de la vocation peut-être ! …J’ai souvent travaillé à temps partiel, j’ai été bien aidée par mon mari (lui aussi est enseignant et nous avons eu la chance de toujours travailler dans le même établissement) : deux fois, il a repris des classes trop difficiles pour moi. J’ai surement lassé mes élèves à les faire répéter mais je me dis qu’ils ont eu une joyeuse compensation : mes bévues ou les sifflements intempestifs de mes prothèses ont dû bien les amuser en mon absence! J’ai moins apprécié ceux qui riaient de moi en ma présence: je suis peut-être sourde d’accord, je ne suis pas aveugle! Dans mes relations avec mes collègues, dans des salles des profs toujours bruyantes, j’ai souvent souffert de ne pouvoir être moi-même, d’êtrecelle qui ne se mêlait pas, et qui pouvait passer pour indifférente.

La loi de 2005 a eu pour moi des effets paradoxaux. D’un côté, elle m’a permis de travailler à temps partiel mais en étant payée à temps plein. De l’autre, elle a attiré l’attention de mon proviseur sur la gravité d’un handicap auquel il n’avait jusqu’alors guère prêté attention. Si l’esprit de la loi est celui d’un droit à la compensation du handicap, il est clair que cela lui a échappé. A ses yeux, puisque j’avais, d’une part, un « avantage » (il n’est pas allé jusqu’à dire « privilège »), il était normal que je le paye, de l’autre, en matière d’emploi du temps ou de choix des classes. Il m’a confié des classes vraiment difficiles. Dès que j’ai pu, j’ai fait valoir mes droits à la retraite.

La vie sociale des malentendants implique une insécurité fondamentale. Je la distinguerai de la vie avec les proches. Avec les miens (aux deux sens du terme), il n’y a guère de problèmes, ilssont adorables et savent s’adapter. Mais, en société, on peut rencontrer des gens odieux, tels cette coiffeuse qui m’a une fois refusé une coupe, ou ce voisin de table à un mariage qui a demandé à changer de place (je lui avais confié que je risquais d’avoir du mal à l’entendre). Ou encore ces médecins qui ne s’adressent qu’à la personne qui vous accompagne, parlant de vous à la troisième personne comme si vous étiez incapable de compréhension humaine. De vrais sourds, tous ceux-là, d’une surdité de l’âme et du cœur, dont l’adage nous dit qu’elle est la pire.Ils sont heureusement exceptionnels.

Beaucoup sont surtout maladroits : ils sont incapables de ralentir leur débit même si vous le demandez, parlent à deux centimètres de votre oreille alors qu’il est connu que les malentendants utilisent surtout leurs yeux, ou se mettent à crier, engendrant de plus grandes distorsions dans la communication. On ne s’autorise pas à protester d’un magnifique « Inutile de hurler, je ne suis pas sourdœil ». On le devrait pourtant. Heureusement, il y a aussi beaucoup de personnes qui ont vraiment du tact : elles savent adapter discrètement leur voix, vous demandent si vous n’avez pas trop souffert lors d’une soirée bruyante, ou vont jusqu’à s’accuser d’un défaut d’élocution si vous ne les entendez pas!

Mais il est tout de même quelques situations, particulièrement bruyantes où la communication devient impossible. Je pense à ce vin d’honneur où je rencontre mon proviseur. Nous échangeons quelques mots, ou plutôt il me parle. Et voilà qu’il me parle depuis cinq bonnes minutes et que je ne réussis toujours pas à identifier l’objet de ce qui échoue à devenir une conversation. Trop tard pour avouer que je n’ai pas entendu : ce serait grossier. Trop risqué aussi : c’est mon chef et je sais bien qu’au lycée, il a mes oreilles à l’œil. Pour relâcher la tension, je vide mon verre ;avant, pour lui échapper, de courir au bar m’en faire resservir un. Au risque de passer de surcroit pour alcoolique!

Le téléphone (comment lui échapper?) me réserve de curieux qui-pro-quo. Au gré de mes désirs ou de mes peurs, j’y prends un échec pour un succès, Pierre pour Paul, un collègue pour un démarcheur publicitaire. J’ai raconté un jour à mon mari qu’un parent d’élèves avait appelé pour nous proposer des clapiers. C’est du moins ce que j’avais entendu. L’affaire éclaircie, ce n’était pas un parent d’élèves mais bizarrement, il s’agissait bien de clapiers! La vie est imprévisible, et finalement assez amusante!

Mes relations, comme moi, avancent en âge, certaines souffrent de presbyacousie. Je me dis que, d’ici quelques années,nos échanges ressembleront aux histoires que j’évoquais plus haut : « – Demain, tu vas au marché? » « -Au café? Impossible, je dois aller au marché. » « – Dommage! Je t’aurais bien accompagné au marché! ».

 

Un autre aspect négatif, est que ma surdité m’a rendu particulièrement vulnérable aux épreuves qui l’ont suivie. Vulnérable et amère, sans doute, à cause du sentiment qu’elles auraient dû m’épargner parce que j’avais déjà payé mon écot. Mais, bien sur, ce n’est pas comme cela que marchent les choses. Je crois comprendre, aujourd’hui, aussi bien ceux pour qui Dieu est mort à jamais, que eux qui estiment qu’un handicapé ne peut se passer de Dieu.

Y a-t-il néanmoins du positif? Nous ne craignons ni la perceuse du voisin, ni le marteau-piqueur de la rue. Quand la location de l’été se trouve malencontreusement située à côté d’une discothèque, nous sommes les seuls à pouvoir y dormir. Et sur nos deux oreilles! Ces avantages me semblent toutefois minces. J’évoquerais plus sérieusement, pour ma part, une manière d’avoir grandi sur le plan humain, dans un solidarité inconditionnelle avec les exclus : les autres personnes en situation de handicap, les étrangers, les immigrés, ceux qui sont dans la misère, les stigmatisés de tout poil, ou encore ceux qui ont un parcours de vie qui ne répond pas à la normalité d’aujourd’hui. Je connais le poids de la chance, et je sais la part, bien mince, qui, dans la vie, revient au mérite. Et puis, j’ai entretenu des maisons, créé des jardins, exercé un métier, écrit deux petits livres, donné des conférences, cultivé des amitiés, élevé des enfants : nous en avons adopté trois. Aurais-je vécu différemment sans mon handicap? Et aurais-je été plus heureuse? Il m’est permis d’en douter. Si la surdité n’était pas survenue, je n’aurais peut-être même pas remarqué Alain, été sensible à ses qualités. J’aurais peut-être lié ma vie à quelqu’un de moins humain et qui m’aurait rendu malheureuse. Alors, je pense que j’ai eu bien de la chance, j’ai eu l’essentiel : l’amour qui n’est pas donné à tous. Et j’aime ma vie.

 

Catherine Vallée

 

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