2010-SO Octobre

 

 

 

 

           

LA SOURDE OREILLE

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OCTOBRE  2010

                                                                                                                                                                                                                                                           n° 339 

 

Proverbe japonais :

« Aucune route n’est longue à côté d’un ami »

 

En relation avec le GRAND LYON :

 

Le jeudi 9 septembre, Simone Duroux notre présidente et moi-même, avons eu un entretien au local à la demande de M. Cédric Polère. Ce dernier travaille pour la direction de la prospective et du dialogue public du Grand Lyon, en tant que « veilleur ». Le pôle « participation citoyenne » de la direction de la prospective anime la Commission Intercommunale d’Accessibilité. Pour étayer l’action de cette commission, et créer une dynamique de travail au sein du Grand Lyon sur cette question du handicap, la direction de la prospective a engagé quelques travaux et réflexions sur le thème « ville et handicap ». 

L’un des thèmes retenus est celui du fonctionnement du monde associatif lyonnais dans le champ du handicap : mieux le connaître, savoir comment il se structure, comment il développe des demandes et revendications, comment il agit… C’était l’objet de sa demande.

 

Notre entretien a porté 

– sur l’action de notre association

– sur la spécificité du handicap des personnes devenues sourdes et malentendantes (de prime abord, il percevait mal la différence entre devenus sourds et malentendants d’un côté, et sourds de l’autre, en particulier en terme de besoins)

 – sur l’évolution de l’association et de son public

– sur les liens de l’association avec d’autres associations et avec les autorités publiques (commissions d’accessibilité, Ville de Lyon…, participation à des événements) 

– sur la difficulté de se faire entendre, lié au fait que c’est un handicap invisible,  au regard d’autres handicaps mieux pris en compte

– sur les techniques utilisées pour communiquer  (nous avons, entre autres, expliqué notre intérêt pour la lecture labiale et les sous-titrages)

– sur les difficultés à se repérer dans les transports et sur les solutions à généraliser en matière d’accessibilité, comme les messages visuels, la question de l’adaptation des logements, celle de l’école…

 

                   Cet entretien a été très intéressant pour nous trois.

 

 Nicole Leitienne

 

Nouvelles du SSSMR,

Service Social des Sourds et Malentendants du Rhône :

rappel : Le Service Social des Sourds et Malentendants du Rhône, association loi 1901, a été fondé en 1981. Il a pour but d’aider les personnes sourdes, malentendantes ou devenues sourdes à intervenir elles-mêmes dans la résolution de leurs problèmes, créer un réseau de relations pour leur faciliter l’accès  auprès des organismes publics ou privés.

                   Depuis 1988 une assistante sociale, formée à la langue des signes, est à la disposition des sourds et malentendants du Rhône, qu’ils soient membres ou non d’une association. Elle informe, conseille, oriente, tente de trouver des solutions aux problèmes en fonction de la législation en vigueur.

                   Ce service a pris en charge le CIS Rhône- Alpes (Centre d’Information sur la Surdité) dont il gère les fonds. Il édite le SESAME, fascicule qui rassemble toutes les adresses utiles aux sourds, devenus sourds et malentendants de la région lyonnaise.

                   Pour L’ALDSM, Françoise Hostein et Nicole Leitienne ont assisté à l‘assemblée générale du SSSMR, qui s’est tenue le 28 juin 2010. Ce fut l’occasion, pour son président, de rappeler qu’il est nécessaire de développer la visibilité de la surdité et donc, au niveau régional, dans chaque département, développer une « antenne » du CIS puis réaliser un SESAME. Long travail en perspective…

Dans son rapport d’activités 2009, l’assistante sociale, Mme Patricia Roques,note :

                  

                   « Cette année s’est inscrite sous le signe de l’austérité tant du point de vue des situations vécues par les personnes que du point de vue général, du climat et de la politique sociale en France.……

Je suis intervenue pour 148 anciens dossiers et 59 nouveaux.

Ce qui apparait nettement c’est l’impossibilité de plus en plus grande pour les plus jeunes et pour les personnes sans activité professionnelle ou aux faibles ressources d’accéder à des droits fondamentaux qui paraissent légitimes comme le logement, l’emploi, l’accès à la santé, le droit aux loisirs, l’aide dans les situations de surendettement.

Administrativement, avec la mise en place de la MDPH, le suivi des dossiers est compliqué car leur traitement est long……

Dans le contexte actuel, il semble que le droit à l’espérance d’une vie meilleure s’effrite. L’ascenseur social est en panne et il devient extrêmement difficile de sortir de sa condition et d’améliorer son niveau de vie. Le défi se situe plutôt dans le fait de parvenir à maintenir les acquis et préserver les droits sociaux des personnes tout en continuant à faire connaître les besoins spécifiques de cette population. »

 

                   Puis le bureau a été renouvelé : le nouveau président, Olivier Peyrol, est aidé de trois vice-présidents, de nouveaux secrétaire et trésorier.  

                   Nous avons également pu visionner une première version du DVD, réalisé par « Production LS », sur les difficultés de communications des sourds et malentendants. Nous en reparlerons  prochainement.

                                                                                                                               NL

TEMOIGNAGE : Malentendante au téléphone !

 

Malentendante depuis mon enfance, c’est à l’âge de 12 ans, lors d’un premier audiogramme que j’ai eu confirmation de mon déficit d’audition (alors d’environ 40 %). Je fus appareillée en 1982 à gauche, mon oreille droite était devenue trop faible pour subir le même sort. Je n’ai pas connu le chant des petits oiseaux, mais j’ai vécu ordinairement ou presque ma vie affective, sociale, professionnelle grâce essentiellement à la lecture labiale…cependant, il est une situation dans laquelle je me sens toujours en difficulté : le téléphone.

 

Dring… dring… dring… Oh ! Le téléphone sonne. Je suis près de celui de l’entrée, mais bien qu’il soit muni d’un amplificateur comme tous ceux de l’appartement, il ne fonctionne plus pour moi depuis plusieurs semaines, je n’ai pas trouvé pourquoi… Je cours donc au bureau. Dring… dring… dring … me voilà ! C’est sur la ligne de France-Télécom. Je regarde l’écran « Appel inconnu » : aie ! Je décroche ou je ne décroche pas ? J’ai tellement de mal à comprendre ce qu’on me dit que j’hésite quelques secondes : il est si difficile de faire comprendre le problème à quelqu’un qui n’en a pas l’habitude. Dring… dring… dring…, il ou elle insiste : j’arrache mon appareil auditif et je décroche de la main gauche (habitude prise depuis bien longtemps)

_ »Allo »

_ zrtyg ehioradde xfhtyrlqgsd

_ excusez-moi, je suis malentendante et je ne vous comprends pas. Pouvez-vous parler moins vite, s’il vous plait ?

_ klhfè   ghatgrfh   usyguùq    zùg

_ attendez un petit instant, je vérifie le réglage de mon appareil.

 Le volume de l’ampli est au maximum, la tonalité bien placée… je reprends :

_ pouvez- vous d’abord me préciser qui vous êtes ?

_ qtf monsieur fgdyq gdf saint joseph

_ Ah ! Vous voulez sans doute parler à mon mari, il n’est pas là en ce moment, il travaille, si vous pouvez rappelez-le ce soir, quand il sera rentré (j’en rajoute instinctivement pour retarder le moment d’écouter de nouveau)

_gefqgzerbjtrzyb:*z^yoztb

_ Non, monsieur, je suis désolée, mais je ne vous comprends pas, rappelez ce soir après 18h, mon mari vous répondra. Au revoir, monsieur.

                   Pas très polie, peu attentive, je le reconnais mais le téléphone me crispe… Fort heureusement, je vis à une époque merveilleuse : le courrier électronique me permet tant de confortables communications !

Nicole Leitienne

 

En bref : :

– Le groupe APICIL nous a accordé une subvention qui va nous permettre d’acquérir un vidéoprojecteur : nous l’en remercions vivement.

– Balades urbaines de Lyon : chaque 3ème dimanche du mois, 18 balades urbaines sont proposées. Un certain nombre d’entres elles sont accessibles aux sourds et malentendants, traduites en LSF (Langue des Signes Française). La traduction en LSF ne nous convient pas, mais elle a l’avantage de limiter et ralentir le débit de paroles du guide. Alors, profitez-en.

Par internet, on peut télécharger le programme de septembre à décembre 2010, à l’adresse suivante : http://www.maisondufleuverhone.org/fichierspdf/baladesurb.pdf

 

LU dans « Le Progrès »du 24 septembre 2010 :

VILLEURBANNE :


II y a une douzaine d’années, l’élémentaire Croix-Luizet, dirigée par Odile Solle, a choisi de faire de l’accueil des jeunes malentendants la pierre angulaire de son projet d’école. Aujourd’hui, Croix-Luizet est le seul établissement villeur­bannais à proposer ce dispositif d’intégration. Cette année, l’accueil est considérable : en septembre, ils sont trente-six jeunes malentendants à avoir fait leur rentrée, répartis dans les dix-sept classes de l’école. Ils n’y sont pas imposés, les enseignants sont volontaires. Dans le quotidien de la classe, l’enseignant, qui travaille avec un micro, doit être particulièrement attentif à ces élèves différents sans toutefois négliger les autres. C’est pourquoi il est assisté d’un « maître de soutien », présent dans la classe, qui prend le relais lorsque le travail auprès de l’élève malentendant demande davantage de temps. C’est le Service de soutien à l’éducation familiale et à l’intégration scolaire (SSEFIS) de Lyon qui met à disposition de l’école du personnel qualifié.

La classe de CE1 de Valérie Viverge compte cinq élèves malentendants âgés de 7 à 11 ans. « C’est agréable, témoigne Valérie. Cela change notre métier, la vie de la classe n’est pas la même. Les autres élèves sont plongés dans la différence, c’est déterminant pour définir les règles de la vie de classe. »

« Il faudrait que davantage d’écoles proposent ce type d’intégration », renchérit la directrice pour qui le dispositif profite à tous.


 

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Notre réunion d’octobre :

Samedi 16 octobre, nous recevrons au local M. Gilles Cognat, président de l’association Cochlée France, accompagné de 2 ou 3 personnes, toutes implantées. Cochlée France fut créée en mars 2007, après la dissolution de la FFIC, Fédération Française des Implantés Cochléaires.

                   M. Cognat nous fera une présentation, avec vidéo-projection, sur l’actualité technique et financière de l’implantation et tous les intervenants témoigneront de leur vécu d’implantés.

                   Nous pourrons poser toutes les questions qui nous tiennent à cœur. Cette réunion promet d’être fort intéressante. Nous vous y attendons nombreux.  

 

 

PROCHAINES REUNIONS :

Samedi 16 octobre : informations et témoignages sur les implants cochléaires, par M. Gilles Cognat, président de Cochlée France (voir ci-dessus).

Samedi 20 novembre : assemblée générale de notre association, votre présence est nécessaire, nous vous remercions par avance.

 

Permanences : les lundis 8 novembre, 6 décembre

 

 

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