Sur mes lèvres, un film de 2001 avec des prothèses auditives

Sur mes lèvres, avec Emmanuelle Devos et Vincent Cassel, diffusé sur France TV en octobre dernier, est un polar surprenant qui commence doucement et simplement mais dont la violence de la seconde partie nous surprend et nous saisit. Heureusement que tout cela se termine bien, sinon je ne serais pas allée jusqu’au bout malgré le suspense magistral…

Il date de 2001 et a été réalisé par Jacques Audiard, le fils de Michel. C’est d’abord un polar mais c’est aussi un film social sur l’exclusion, le machisme ainsi qu’un  témoignage sur la malentendance, en avance sur son temps. À Une époque où l’on cachait ses prothèses auditives, surtout dans le cadre du travail et où la bienveillance envers le handicap n’était pas encore à la mode…

Le film commence d’emblée avec une femme qui enlève puis remet ses prothèses auditives, tout en se cachant. Elle travaille dans un bureau et le bruit la gêne, notamment celui de la photocopieuse qui est à proche d’elle. On la sent à l’écart, solitaire. Elle prend son travail à cœur mais se fait avoir par ses collègues hommes qui la méprisent et se moquent d’elle. On est dans une société immobilière où c’est la course au pouvoir. Le film exprime déjà les ressentis liés à la surdité: les bruits étouffés lorsque Clara n’a pas ses appareils, les dialogues qu’on n’ entend plus, le brouillard auditif. Les difficultés pour « faire sa place ». Également le thème de la lecture labiale dont on parlait encore peu en 2001.

Un film très bien joué qui montre qu’un volcan éteint et étouffé peut se réveiller dangereusement et exploser de colère! Trois césars dont celui de la meilleure actrice pour Emmanuelle Devos…

« Je suis sourde ou malentendante, c’est comme vous voulez, mais ça ne veut pas dire que je suis bête, que vous avez le droit de m’ignorer, de vous moquer de moi, je mérite le respect !

Alors effectivement je cache mon handicap derrière mes cheveux mais c’est dans le but de me faire toute petite, parce que je suis mal dans ma peau, pour ne pas subir votre méchanceté, parce que je sais parfaitement ce que vous racontez sur moi, oui je sais parce que je lis sur vos lèvres.

Ça vous en bouche un coin ça hein ? Alors méfiez vous ce don pourrait devenir une arme, me donner de l’assurance, je pourrais avoir des envies de vengeance. »

 

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