Depuis peu, j’entends les oiseaux…

Porter un implant cochléaire et en faire bon usage comporte un certain nombre d’étapes que j’ai choisi de franchir il y a 6 mois. Pourquoi ? La réponse nécessite un retour en arrière, bien sûr. J’ai eu la chance, pendant mon enfance et mon adolescence, d’avoir un entourage qui ne s’inquiétait pas de mes difficultés. Je disais que je n’entendais pas les oiseaux, les sifflements…mais quelle importance ? La vie continuait.
Il s’agit bien d’une « chance » car cela m’a obligée à me débrouiller, en classe en particulier, en lisant sur les lèvres et je suis devenue experte en la matière !
C’est un médecin scolaire, au collège, qui fut le premier à demander un examen de mon audition. Ce dernier révéla que j’avais une surdité interne évolutive avec une perte de 40 % de chaque oreille, sur les aigus ; j’ai cependant continué ma scolarité, sans aide particulière.
A l’âge de 20 ans en 1968, alors que je m’apprêtais à enseigner, un autre médecin jugea nécessaire que j’ai une rééducation de la prononciation – ne les entendant pas, je ne prononçais pas certaines consonnes – ce qui fut fait. J’ai pu ensuite enseigner, tant bien que mal. Je passe sur les fantaisies que les collégiens pouvaient trouver pour se distraire pendant mes cours !
Lorsqu’à l’âge de 35 ans on me proposa le premier appareillage, l’audioprothésiste déclara mon oreille droite « morte ». J’ai porté un seul appareil à gauche jusqu’en 2012. Puis, grâce en particulier aux progrès des prothèses devenues numériques, je portais 2 appareils surpuissants.
Il y a 2 ou 3 ans, l’audioprothésiste puis l’ORL m’ont dit « Avez-vous penser à l’implant ?  » Les témoignages de certains des membres de l’association que je connais depuis de nombreuses années ont participé à ma décision de prendre rendez-vous avec le Pr. TRUY, spécialiste lyonnais des implantations et la décision fut prise de m’implanter à droite.
L’opération pour installer la partie interne est simple, tout s’est bien passé. Ensuite, pas de douleurs, pas de vertiges, juste l’attente pendant un mois de la partie externe, son activation et les premiers réglages. Et là, surprise ! Quel étonnement en reprenant ma voiture d’entendre nettement le ronronnement du moteur, ses accélérations et d’autres bruits dans l’habitacle ! Pas très agréables au départ, tous ces bruits ! Mais l’habitude est prise assez vite. Depuis, j’ai régulièrement des réglages pour augmenter le niveau sonore et pour obtenir une meilleure compréhension de la parole. Je suis deux séances par semaine avec une orthophoniste spécialisée, fais des exercices à la maison avec mon mari ou à l’aide de logiciels.
Ce n’est pas encore gagné ! Je ne progresse pas vite à mon sens, le port des masques continue à me gêner, je voudrais comprendre plus facilement, sans faire répéter. Je sais que je dois persévérer et je le ferai. Depuis peu, j’entends les oiseaux, ils sont même très bavards à la campagne, c’est une belle découverte !

Nicole

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