Des hauts et des bas

Mes problèmes auditifs se sont aggravés insidieusement. J’ai malgré tout, et avec des prothèses conventionnelles, pu terminer ma carrière de psychologue scolaire.
Tout au début de ma retraite, le Professeur qui me suivait m’a proposé de me mettre un implant cochléaire à l’oreille droite, la plus atteinte, j’ai accepté. Le processeur se portait alors autour du cou. J’ai beaucoup travaillé pour la rééducation y mettant toute mon énergie avec l’aide de mon mari qui inlassablement me faisait répéter : syllabes, mots, phrases.
Quelques mois plus tard, au cours d’un contrôle, le radiologue découvre un méningiome assez important (on ne passait pas d’ IRM avant l’implantation) qu’il a fallu opérer. L’utilisation d’un bistouri électrique ne pouvant pas être utilisé, il a fallu ouvrir la boîte crânienne de façon plus mécanique, l’opération a duré 8 heures .
Suite peut-être à cette intervention (mais je n’ ai jamais vraiment su ce qu’il s’était passé), j’ai ressenti des douleurs dans l’oreille dès que les sons « S » par exemple me parvenaient. Augmenter l’intensité me provoquait des contractions du nerf facial, si bien que l’audioprothésiste a désactivé des électrodes.
Un an et demi après l’implantation, j’ai été hospitalisée pour une phlébite très importante. Là n’en pouvant plus des douleurs dans l’oreille, il a été décidé de débrancher complètement l’implant.
J’étais vraiment désespérée mais toujours combattante, j’entendais encore un peu de l’oreille gauche.
Il a été question de me réopérer. Mais, d’une part le Professeur est parti à la retraite et, d’autre part, son remplaçant n’a pas voulu prendre le risque (y avait-il un problème plus sérieux ?). Il m’a adressé à Montpellier qui n’a jamais donné suite à ma demande malgré les appels téléphoniques répétés. J’ai écrit au Chef du service ORL et au député pour me faire entendre sans résultat.
Un jour en 2002, j’ai suivi une émission sur la cinq (je crois l’oeil et la main) où le Professeur Fraysse de Toulouse expliquait le fonctionnement de l’implant. Je lui ai alors écrit il m’a répondu une dizaine de jours après me disant que mon cas l’intéressait. Nous sommes allés plusieurs fois à l’hôpital Purpan. L’humanité de ce Professeur a fait que je me suis sentie en confiance. Quand il m’a proposé de me réopérer à droite, j’ai donc accepté moins d’une dizaine d’années après la première opération.
La veille de l’opération, le Professeur entre dans ma chambre, s’assoit sur la table et me dit : « Il vaut mieux ne pas tenter une intervention à droite mais je vous promets 99% de chance de réussite que ça marchera à gauche ». Prise au dépourvu, je lui dis « Mais Docteur je vais être complètement sourde ? ». Il m’a répondu que j’ avais une bonne lecture labiale, alors j’ai accepté.
Et le miracle s’est réalisé ! J’entends le mieux possible, je peux téléphoner et la rééducation a été moins longue comme si mon cerveau avait été préparé avec le premier implant.
Je crois qu’il ne faut jamais désespérer, jamais se décourager !
Colette
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